voilà vous etes revenus
hâlés du vent noir des steppes
et la lune pâle fond son hâlo
dans la prunelle de vos yeux fous
vous êtes là immobiles
dans l’ombre fumivore
et d’étonnants oiseaux polychromes
poussent leurs cris grinçants
et elles vous attendent
fières fébriles impatientes
elle vous guettent en coin soupesant vos plates gibecières
et vos silhouettes décharnées
vos bottes hérétiques aux regards maculées d’humus interdits
et vous restez silencieux
immobiles
là
là…
le soleil a brûlé vos peaux claires et rouges
et d’infectes éruptions
crevent l’abcès putride
sur vos poitrines de vaincus
oh les lourds sifflements amers s’exhalant monotones
de vos lèvres closes … !
désespérement closes !
et vous êtes là
ivres d’alcools interlopes
rescapés d’hymalayas sinistres et de pyromanes gobis
et dans votre sillage meurtrier
encore et encore
la trace douceâtre du sang coagulé aux sables roux des oueds…
ah vous êtes las !
nulle rose aux pétales fripées qui ne se consume de souffles camphrés
vous êtes toujours là
quêteurs vains d’espérances idolâtres
las et effacés
qu’attendiez-vous encore d’elles ?
soldats ruinés aux armes creuses
qu’attendiez-vous ?
pourquoi ces repos saumâtres aux
enlacements fielleux ?
pourquoi ?
et ces lèvres trop pourpres
diseuses d’anathèmes et
de « thalatta » inutiles…
oubliez soldats oubliez !
déjà une terre spongieuse
souille vos faces de cire
et vos mots vains s’étouffent
en d’inutiles gargouillis
la voilà… elle recouvre
vos formes
anachorétiques
et l’ombre s’allonge
immense
sur votre futur…
qu’attendez-vous ?
(Amsterdam mars 2004)
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